- Ixodes ricinus : la tique de forêt, infestant préférentiellemnt la funae sauvage, mais aussi tout animal se promenant en sous-bois. C'est la tique que l'onretrouve le plus souvent sur les chats.
- Rhipicephalus sanguineus, tique du chien, mais limitée aux régions chaudes, comme le portour méditerranéen.
Répartition géographique
Chaque espèce est inféodée à un biotope particulier : les aires à tiques. Les populations sont soumises à de fortes influences saisonnières. Il existe des biotopes correspondant aux stades libres (larves, nymphes et adultes, en attente d’un hôte), qui peuvent varier pour une même espèce. Ainsi, dans le cas d’Ixodes ricinus ou Dermacentor reticulatus, les larves et nymphes peuvent se trouver dans les terriers des rongeurs, tandis que les adultes se localisent dans les herbes. Il existe des tropismes correspondant aux stades parasitaires. Les larves et nymphes peuvent avoir un tropisme pour certains hôtes, comme les micromammifères (mulots, campagnols, hérissons), tandis que les tiques adultes vont rechercher des herbivores (bovins, cervidés), cas d’Ixodes ricinus ou les Canidés, cas de Dermacentor reticulatus.
Importance
Elle est avant tout liée au risque de transmission d’agents pathogènes. Si les moustiques sont les vecteurs principaux en médecine humaine, les tiques sont les principaux vecteurs en médecine vétérinaire. Chez les chiens, elles sont vectrices de la piroplasmose ou babésiose, des ehrlichioses, de la maladie de Lyme, et de bien d’autres infections.
Rôle pathogène direct
Il est lié au repas de sang :
- Spoliation de 2 à 4 ml de sang par femelle,
- Réaction inflammatoire autour du lac « nécrotico-hémorragique » du repas.
- Complications des plaies : abcès, relativement rares. En revanche, l’arrachage incomplet d’une tique, laissant une partie du rostre en place, entraîne bien souvent l’apparition d’un granulome inflammatoire qui peut persister plusieurs semaines.
Rôle pathogène indirect
De très nombreux agents pathogènes sont transmis par les tiques. Diverses en quêtes ont montré que 5 à 30% des tiques prélevées contiennent un agent pathogène, qu’elles vont pouvoir transmettre lors de leur piqûre.
Biologie des tiques
Les tiques sont des ectoparasites temporaires, qui alternent une phase de vie libre avec une phase de vie parasitaire.
En vie libre:
-Il y a des tiques tiques endophiles domestiques : Rhipicephalus sanguineus (Tous les stades se trouvent dans l’environnement direct des chiens : Chenils, sur le sol, les murs…)
- et des tiques exophiles : Ixodes ricinus, Dermacentor reticulatus : Les stades se voient dans les forêts, les bois, en lisière de champs, les terrains vagues, certains jardins, dans les dunes sur le littoral…
Les tiques hygrophiles : Elles ont besoin d’humidité, craignent les fortes chaleurs et la dessiccation, mais supportent très bien l’hiver. C’est le cas d’ Ixodes ricinus et de Dermacentor reticulatus. Les tiques xérophiles : Elles vivent dans les zones chaudes, craignent le gel. C’est le cas de Rhipicephalus sanguineus.
Lorsque les conditions ne sont plus favorables à l’activité, les tiques entrent en diapause : diapause hivernale, diapause en saison sèche. Les reprises d’activité sont souvent liées aux saisons : pic printanier et automnal en France, mais cela n’exclut pas des activités en plein hiver si le climat se radoucit, même temporairement.
En vie parasitaire:
Les tiques peuvent être différenciées selon leur tropisme d’hôtes. Ixodes ricinus : Larves et nymphes se trouvent plutôt sur les micromammifères, tandis que les adultes recherchent les Ongulés. Les larves et nymphes pourront néanmoins piquer les oiseaux ou la majorité des mammifères qu’ils rencontreront, ce qui explique la transmission de la maladie de Lyme à l’Homme ou au chien. Rhipicephalus sanguineus : tous les stades se trouvent préférentiellement sur les Canidés, mais les chats pourront accessoirement être infestés.
Les tiques chassent à l’affût, dans les herbes, sur des pierres. Dès qu’elles repèrent un animal, elles vont se déplacer vers lui ou se laisser tomber dessus.
Choix de l’emplacement : Une fois sur l’hôte, les tiques se déplacent à la recherche d’une zone propice au repas. Il s’agit généralement des zones à peau fine : oreilles, dessous des membres, scrotum, mamelle…
Nutrition :Tous les stades se nourrissent : Larves, nymphes, et adultes (femelles, et mâles excepté pour le genre Ixodes), mais il n’y a qu’un seul repas par stade. Le repas dure de 5 à 9 jours, ensuite les tiques se détachent, tombent au sol et vont muer pour donner le stade suivant. L’accouplement des tiques adultes a lieu sur l ‘hôte. La femelle, à la fin de son repas, va descendre de l’hôte, trouver un endroit à l’abris pour pondre 3000 œufs environ et mourir.
Durée des cycles : Elle est très variable, et dépend des conditions climatiques et du comportement des hôtes. Des arrêts sont possibles en hiver (trop froid), en été (trop sec), ou dans l’attente d’un hôte.
Méthodes de lutte
Il est impossible d’éliminer les tiques de leur environnement, par conséquent les seules possibilités sont soient d’éviter des aires à tiques connues, soient de protéger efficacement les animaux.
En cas de visualisation de tiques sur l’animal, il faudra les retirer. Certains dispositifs spécifiques sont commercialisés. Il faut éviter le retrait manuel car en pressant la tique, des agents pathogènes peuvent être inoculés. De la même façon, il faut éviter l’emploi d’éther, alcool ou autres produits qui « stressent » les tiques et favorisent la transmission des agents pathogènes.
Pour les tiques qui ne sont pas vues et dans un objectif plus général de prévention des ré-infestations, il faudra traiter les animaux régulièrement avec un antiparasitaire externe.
Certains médicaments sont uniquement insecticides (actifs vis-à-vis des puces) et ne sont pas actifs sur les tiques. Certains acaricides sont toxiques sur les chats et ne pourront être employés que sur les chiens.
Il faudra donc un conseil avisé sur le choix du produit à utiliser.
En matière de prévention, il faudra privilégier des médicaments actifs longtemps (rémanence d’activité), agissant rapidement (dans les 48 heures) et résistants aux intempéries (printemps et automne pluvieux, chiens de chasse, forêts humides).
Principales caractéristiques d’un bon acaricide anti-tique :
-
1. Agir rapidement, avant que les agents pathogènes n’aient été transmis par la tique. La mortalité doit être obtenue en 48 heures ou moins.
2. Agir longtemps : la rémanence permet d’obtenir une protection continue dans les zones où les infestations sont fréquentes.
3. Agir sans altération de la protection : Les carnivores vont dans des milieux humides, chassent , se retrouvent sous la pluie. Un bon acaricide doit proposer une protection continue quelle que soient les conditions.
Pseudo-échecs de traitement : Des animaux considérés comme protégés peuvent présenter des tiques. Il est nécessaire de savoir pourquoi, plusieurs raisons peuvent être avancées :
- Temps de rémanence dépassé.
- Traitement non adapté au poids du chien.
- Mortalité non instantanée. Il est donc possible de voir des tiques se déplacer sur un animal correctement traité, avant qu’elles ne meurent.
- Réinfestations quotidiennes dans l’environnement.
Attention, certains acaricides sont toxiques, donc non autorisés chez les chats
Rôle vecteur des tiques en Europe
| Tiques |
Agents pathogènes transmis aux chats
|
Ixodes ricinus |
Borrelia burgdorferi (Maladie de Lyme)
Coxiella burnetti (fièvre Q)
|
Rhipicephalus sanguineus |
Ricketsia felis
Ricketsia conori (fièvre boutonneuse méditerranéenne) |