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Aoûtats : acariens saisonniers particuliers


 

Les aoûtats sont des acariens qui réapparaissent dans les jardins dès les beaux jours. Ils sont également appelés vendangeurs, trombidions, rougets, araignées rouges ou leptes automnal. Les larves, prédatrices, recherchent des mammifères ou des oiseaux pour prendre un repas de sang. Elles causent une gêne importante à nos animaux, comme à nous.

 

Biologie

 

L’espèce présente en Europe est Neotrombicula automnalis. Il en existe plus de 1200 dont 50 ont un rôle pathogène chez l’animal et l’Homme. En Amérique, l’espèce principale est Eutrombicula alfreddugesi, en Asie et en Australie il s’agit de Eutrombicula sarcina, qui infeste les carnivores mais aussi les marsupiaux (kangourous) et les moutons.

 

Morphologie
Les adultes sont des acariens relativement globuleux et velus, mesurant 600 à 1000µm, et de coloration rouge-orangé, d’où le nom d’ "araignée rouge".
Les larves, hexapodes, sont velues sur le corps et les pattes, de coloration orange et mesurent 200 à 500 µm avant gorgement. Après leur repas, elles sont facilement visibles à l’œil nu, de coloration orange franc et de taille environ 1 mm.

 

Mode de vie
Les adultes sont des acariens libres, carnassiers. Ils sont prédateurs d’autres acariens du sol. Les larves ont un mode de vie très différent puisqu’elles sont parasites obligatoires. Elles sont très peu spécifiques et prennent un repas sur la plupart des mammifères : rongeurs du sol, insectivores, mais aussi carnivores domestiques ou Homme, ainsi que sur des oiseaux. Les adultes et les larves se trouvent plutôt sur les sols calcaires, crayeux, et dans des zones ombragées.
Les larves enfoncent leur rostre dans le derme de leur hôte Le repas est constitué de cellules lysées, de lymphe et de sang. Ce type de repas est analogue à celui des tiques, associant histophagie et hématophagie. Les larves sont souvent regroupées par dizaines, en amas, d’où l ‘aspect de “ poudre orange ” sur la peau de l’animal (au niveau des paupières, des oreilles par exemple).

 

Cycle évolutif

Il y a plusieurs générations d’aoûtats à la belle saison, de Mars à Octobre, d’où un risque d’infestation grandissant jusqu’en automne. Le temps de gorgement des larves varie de quelques jours à 1 mois . Une fois gorgée, les larves quittent l’hôte pour muer en nymphe en 2 à 3 jours. La nymphe 1 est immobile, elle évolue en nymphe 2 en 4 à 5 jours. Ce second stade nymphal est mobile et prend des repas dans le milieu en se nourrissant de petits acariens du sol. Cette nymphe mue en 3 à 4 jours en nymphe 3, qui elle même donnera en 3-4 jours le stade adulte. Les aoûtats adultes se reproduisent et pondent des œufs au terme de 8-10 jours, mais ils survivent plusieurs semaines dans le milieu durant la saison estivale. Ils entrent en diapause à la fin de l’automne pour se réactiver au printemps suivant et donner les nouvelles générations d’aoûtats. Les œufs éclosent rapidement, libérant des larves à jeun qui recherchent activement des hôtes. Ces larves se fixent sur la végétation et restent à l’affux, attendant le passage d’un hôte. Elles résistent plusieurs semaines à plusieurs mois au jeun.

 

 

Pouvoir pathogène

 

De nombreuses larves se fixent pour se gorger. Il existe des localisations préférentielles : pavillon auriculaire et zone de dédoublement de l’oreillon, espaces interdigités, paupières, mais on peut les observer sur tout le corps.
La piqûre et le repas sont à l’origine d’une inflammation cutanée, se traduisant par l’apparition de papules et de rougeur sur le site de l’infestation, ainsi que par des manifestations prurigineuses parfois intenses. Les chats se frottent les paupières avec les membres antérieurs, les chiens ou les chats se lèchent abondamment entre les doigts.
En France, les aoûtats n’ont pas de rôle vecteur d’agents pathogènes. Ce n’est pas le cas dans tous les pays, en Asie du Sud Est, au Japon et en Australie, Leptotrombidium akamushi et Leptotrombidium deliense sont les vecteurs du typhus des broussailles à Rickettsia tsutsugamushi.

Le prurit et l’inflammation expliquent la nécessité de traiter les carnivores. Le principal problème reste la fréquence des réinfestations puisque les adultes sont libres donc non atteints par les traitements et parce que le cycle des aoûtats intéresse avant tout la faune sauvage (micromammifères, oiseaux) qui en est le réservoir sauvage. Les larves seront donc toujours présentes dans l’environnement.

 

 

Traitement

 

Les aoûtats sont sensibles aux acaricides, mais les échecs de traitement semblent fréquents. Ils sont dus à deux causes principales :
- les pseudo-échecs liés à l’absence de rémanence d’activité des produits et à la réinfestation quasi immédiate des animaux.
- A l’insuffisance de contact entre les acariens et les principes actifs : difficulté d’application au niveau des paupières, protection des poils, difficulté d’accès dans les espaces interdigités.
Pour ces raisons, les acaricides les plus actifs sont ceux appliqués localement et sous forme liquidienne.  Les applications doivent être répétées, environ 1 fois par semaine, lorsque les animaux se promènent dans les zones infestées par les thrombidions.
Attention à la sensibilité des chats à certains acaricides, demandez conseil à votre vétérinaire.

 

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